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Publié par PP

Gouvernez! Oui mais comment?

Entraînée à l'insu de mon plein gré par une copine à la conférence du député de Haute-Marne Francois CORNUT-GENTILLE, je ne suis pas parvenue à retenir mes réflexions sardoniques sur ces favorisés de la classe politique qui affirment avec conviction et méthode ce que tout le monde constate instinctivement au quotidien: l'impuissance des politiques figés par le poids des appareils, des corporatismes et des structures. Avec un tiers de la population active travaillant directement pour l'état et les collectivités et un autre tiers indirectement, on ne peut pas s'attendre à mieux. Plutôt que de pondre un "N"ième livret comminatoire, il suffit de reprendre les travaux effectués sous la présidence de Jacques ATTALI sur la libération de la croissance avec l'aide de quelques énarques en 2008. Rien n'a changé. Alors qui se lance vraiment?

Jusqu'à quel point peut on être candide ou naïf?

Que le bonhomme soit sincère et honnête je n'en disconviens pas. Qu'on en fasse une nouveauté, c'est à se demander qui est le naïf ! En tout cas c'est un candide qui pense que le Parlement va enfin se ressaisir pour dénoncer toutes les déviances et inadéquations des organisations étatiques, dans l'espoir que ce même état s'autorégule par la grâce de Dieu. Trop préoccupé par ses luttes de pouvoir, quel homme politique prendrait le risque de se mettre à dos 66% de la population en affirmant qu'il y a trop de fonctionnaires et apparentés, et plus personne pour travailler dans les usines et les entreprises. Qui va prendre le risque de dire que notre état providence, notre mode de vie n'est pas durable écologiquement et économiquement, et que si on ne réforme pas l'Europe et nos dépenses de santé, nous allons nous retrouver dans la situation de la Gréce. Dénigrer les corporatismes est une tarte à la crème de la politique. Cela permet d'évacuer la pression sur ses propres travers ou insuffisances. Critiquer la dictature de l'urgence, la surmédiatisation, l'absence de recul des dirigeants sur des décisions à prendre et l'incapacité de se remettre en cause...Cela ne mange pas de pain, mais cela reste des soliloques invocatoires.

Restée sur ma faim

Bien sûr qu'il en faut des bonhommes comme CORNUT. Même une majorité. Mais cela ne sera possible que si la constitution était refondue. Le système bipartisan et non proportionnel des deux chambres doit être modifié, le nombre des élus diminué. L'absence de possibilité d'intervention directe des électeurs en cours de mandat sur les élus est inacceptable. Et l'inertie de l'exécutif et de ses administrations devrait être dénoncé plus souvent, toute structure administrative devant être réévaluée chaque année en termes de valeur ajoutée pour le pays. Le véritable choc des simplifications consisterait à ce que l'état abandonne ses prérogatives jacobines et centralisatrices appliquées dans des domaines autres que régaliens, au profit d'unités de gestion réparties en régions. La cerise sur le pompon: avec un contrat de travail unique pour tous, sans exceptions et des charges salariales ou patronales et de santé sur option. Voilà qui mettrait un peu d'ambiance dans le pays et lui permettrait de rebondir dans la compétition mondiale. Pas une révolution mais pas loin. Les vantardises de l'exécutif et les caricatures d'hommes politiques dont nous bénéficions à ce jour sont plus que contre-productives. Elles sont néfastes et crépusculaires, comme les prémices d'une apocalypse institutionnelle.

Pythie PAUNAY

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