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Publié par PP

Photo couv Vernon SUBUTEX: Le dernier Virginie DESPENTES

Photo couv Vernon SUBUTEX: Le dernier Virginie DESPENTES

Le dernier livre de Virginie Despentes, cette ancienne punk féministe versée en littérature-provoc et égérie du mensuel Les Inrocks, est sorti début 2015. Mais à mon avis vous pouvez oublier de l'acheter. Malgré ses prix littéraires glanés la même année ( Anaïs Nin, Landerneau, La Coupole), il peut ne pas plaire, tombé qu'il est dans la facilité d'un catalogue des dérives contemporaines et parisiennes décrites complaisamment par l'auteur sur un staccato verbeux superficiel et indigeste.

L'intrigue en quelques mots

Un ancien disquaire en pleine déchéance matérielle et sentimentale, le dénommé Vernon SUBUTEX, traine sa misère chronique de tortue somnambule et désabusée. L'idée philosophique intéressante de pousser jusqu'au bout le détachement individuel dérape rapidement en micro-aventure pitoyable et sans intérêt. Avec un nom de médicament ( un substitutif aux opiacés), on aurait pu espérer toucher quelque chose de plus tonique pour héros.... Seul fil rouge entre cet ex-disquaire en recherche d'une forme d'autodestruction par la galère et la faune de pas finis et de rejets de la société qui vont croiser sa dérive page après pages, Alex Bleach un chanteur sexy et maudit, vague copain mort d'overdose. Des lignes de vie qui se croisent, des êtres morbides rapidement évoqués, des milieux superficiels et violents ( la musique et les backstages, le cinéma et le showbiz, les fêtes et la dope) cela ne suffit pas pour faire un bon livre . Plutôt un pavé de fantasmes de tous les clichés et sujets sociaux qui émoustillent le voyeurisme des bien pensants. Intégrisme, alcool et addictions diverses, prostitution, transgenre, violence conjugale, stigmates d'une promiscuité psychologique et politique non maîtrisée qui ne peut produire que des discriminations pour des avatars en décrochage total du réel.

Des portraits et alors?

Autre point commun de cette galerie de portraits: l'insatisfaction et l'absence de recherche du bonheur classique des personnages, avec naturel et patience. Tout cela pour décrire le déclassement par détachement de l'antihéros en trame de fond. Mais surtout l'accent est mis sur la destruction du lien social, et la nature morbide de la société moderne. Une fin en eau de boudin ( pourquoi pas...) et une rédemption prévisible dans le tome 2 (sortie prévue en mars) ou 3. Qu'il est bon de ne pas être client de la banque des faveurs comme nombre de chatouilleurs de l'écriture connivents pour pouvoir dénoncer une production commerciale sans ampleur et déprimante. Virginie DESPENTES dénonce à qui veut l'entendre l'autocensure des auteurs et de l'industrie du livre dans leur rapport avec la pornographie, à croire qu'elle est une égérie de la différence.Mais elle a du mal à renouer avec le succès d'estime et borderline de "Baise-moi". La marginalité doit apporter une valeur et de véritables sensations au lecteur que l'on ne trouve pas chez elle. Vernon S. au final est un livre glauque et aride à n'emprunter en bibliothèque que lorsque l'on est en vacances, en pleine forme sous le soleil, et que l'on veut occuper ses yeux. Espérons un second tome avec de véritables rebondissements...

Pythie PAUNAY

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