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Publié par MZ

Alain Thirion et Jean Hingray du Club Démocratique des Vosges

Alain Thirion et Jean Hingray du Club Démocratique des Vosges

Sous la présidence de Jean Hingray, et se voulant être "un point de rassemblement des citoyens libres et indépendants", le club démocratique des Vosges invite régulièrement des hommes politiques, scientifiques et penseurs mais aussi des entrepreneurs locaux. Provoquer des rencontres est un objectif légitime et éthique afin d'alimenter l'analyse de la situation locale et renforcer le soutien aux "ambassadeurs" et entrepreneurs des Vosges. La vingtaine d'adhérents et sympathisants réunis vendredi dernier ont pu ainsi accueillir avec cordialité et un grand intérêt un témoin de son époque, qui échappe habituellement au scope des médias par sa discrétion, ancien conseiller régional et maire de Bruyères, industriel local et homme des médias bien connu, puisqu'il s'agissait d'Alain Thirion, toujours très actif et impliqué dans ses entreprises mais maintenant en retrait de la vie politique.

"La discrétion est mère de tranquillité"

Se refusant à apparaitre plus que de nécessaire sur la place publique - "le succès est suspect en France" atteste avec ironie l'un des participants- mais mis en confiance par le cadre feutré du restaurant d'accueil de la réunion, le chef d'entreprise s'est prêté au jeu des questions-réponses du club vosgien, avec spontanéité sinon enthousiasme, déclarant en introduction à la vingtaine de présents: "Je compte sur vous pour me poser des questions, y compris celles qui ne seraient pas agréables, pour remettre les pendules à l'heure, même modestement".

De la réussite professionnelle

C'est surtout sur les recettes de sa réussite professionnelle que l'intervenant a du s'exprimer, en toute simplicité mais avec nombre d'anecdotes personnelles et positives." Pour réussir il faut travailler. Les beaux esprits qui pensent réussir sans bosser c'est mal parti. Ensuite il faut avoir des connaissances et une tête bien faite, pour savoir apprendre. Enfin, il faut avoir de la chance, et là, cela ne dépend pas de vous". En complément, être entouré de bonnes équipes et disposer d'un soutien financier assuré sont d'autres composantes nécessaires à tout entrepreneur s'il veut réussir. A un jeune joaillier qui l'interpelle sur ses éventuels conseils pour réussir, le dirigeant préconise avec ironie de proposer "des produits qui se vendent". Dans un domaine plus philosophique, Alain Thirion a tenu à assurer que sa motivation première consiste "à rendre à ses parents, à la société et à ses professeurs ce qu'il est devenu aujourd'hui. Même si un homme doit ce qu'il est devenu par son travail, il ne s'est pas fait tout seul, il a bénéficié des enseignements de la communauté humaine" . Ce à quoi succède une vision plus intime sur sa conception de la destinée humaine: " l'homme doit modifier au maximum son environnement humain et matériel en conservant à l'esprit, avec humilité, que l'empreinte qu'on a laissé ne durera pas plus longtemps qu'un sillon dans un désert qui va partir au premier coup de vent. Est ce que cela ne vaut pas la peine de se battre malgré tout? ". Question ouverte pour le président de la société Vulli ( propriétaire de Sophie la girafe) dont le groupe dénombre 1400 collaborateurs qui reste ainsi convaincu de la vocation créatrice et humble de l'homme du XXème siècle.

Le témoin d'une époque révolue de liberté d'entreprendre

Indépendant en diable, le truculent entrepreneur a sa propre définition du bonheur: "faire au maximum ce que l'on a envie de faire. Car si vous faites quelque chose que vous n'avez pas envie de faire, cela vous pèsera. Après avoir quitté l'éducation nationale sur un désaccord avec mon inspecteur, et partant de rien, j'ai commencé ma vie professionnelle avec bonheur au bon moment. Seul puis avec 2, puis 3 et 4 personnes et ainsi de suite. Et j'ai fait à 95% ce que j'ai voulu. Les contingences cela vient après". "Suite à mon expérience de professeur de physique-chimie et après mon service militaire au 18ème RT à Epinal, j'ai ensuite été agent immobilier à Gérardmer, ce qui m'a permis d'acheter ma première affaire d'imprimerie dans la même ville" et de fil en aiguille a été constitué le groupe industriel et de presse éponyme pour devenir le leader européen dans les tissus non-feu par exemple. Dans ses rapports humains l'avisé entrepreneur ne cache pas ses affinités." Etant un gros travailleur, il faut que les choses avancent. Je ne supporte pas les paresseux. En usine on n'est pas dans une succursale Saint Vincent de Paul". Dans le choix de ses collaborateurs, le dirigeant ne cache pas son scepticisme sur les élites qu'il a pu fréquenter: docteurs en droit, polytechniciens, énarques, hauts fonctionnaires l'ont apparemment déçu à la différence des Gadzarts ( Arts et Métiers). "Les grandes écoles font des têtes bien bourrées, mais pas bien faites". Provoqué par l'assistance qui lui demande quelles sont les premières décisions qu'il prendrait s'il entrait au gouvernement, Alain Thirion prends une profonde inspiration avant de répondre "La France est difficilement réformable. Il faut commencer par diminuer le nombre de fonctionnaires, réduire les contraintes législatives, supprimer l'ISF...". " Il ne faut pas faire comme tout le monde, sinon vous aurez les résultats de tout le monde". Une certitude partagée par les participants avec emphase au delà du terme de la réunion.

Prochain rendez-vous du Club Démocratique Vosgien fixé samedi 26 mars à 10h30 avec Hichem Lehmici, sur la politique française au Moyen-Orient.

Matthieu Zallem

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NOEL 14/07/2016 09:00

Tout à fait d'accord avec Alain THIRION, mais entre 1966 et 2016 le fossé est trop large et le mal est fait, j'ai toujours hyper bien gagné ma vie dans son imprimerie, c'est lui qui m'a mis le pied à l'étrier d'être ce que je suis devenu, en sachant m'entourer également, mais aussi en lâchant du lest quand il le faut, car de perdre un élément de valeur est toujours néfaste à l'entreprise tant au point de vue humain que financier. Tant que la France ne saura pas mettre à la tête du pays un dirigeant tel que lui, elle ne pourra en aucun cas être ce qu'elle à été, car à force de compromis et de laxisme, c'est la tête droit dans le mur. Avec mes sentiments les meilleurs. Luc NOEL