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Publié par MS

La vache vosgienne est un patrimoine écologique à conserver sur le plan régional

La vache vosgienne est un patrimoine écologique à conserver sur le plan régional

Avec une agriculture administrée qui fonctionnarise pratiquement les exploitants, l'état français se retrouve inévitablement mis en avant pour son " laisser-aller" impécunieux face à Bruxelles. Outil populiste et médiatique, le salon de l'agriculture subsiste comme un souvenir de la tradition agricole du pays, alors que l'électorat s'est détaché de ses racines rurales. Pour le grand public, les agriculteurs se répartissent entre 2 catégories d'entrepreneurs courageux: les paysagistes écolo à l'ancienne et les investisseurs industrialisés de l'agrobiologie.

« L’homme a une énorme difficulté à découvrir ce qui est simple. » Jean Fourastié - Economiste français

On ne reviendra pas sur le système choisi historiquement pour orienter la production qui a fragilisé à long terme ce secteur d'activité en le rendant addict aux subventions de la P.A.C. (77 aides distinctes et 8,7 milliards de distribués en 2015, soit prés de 50% de la valeur ajoutée du secteur) . Sous prétexte d'optimisation et de mécanisation des exploitations les agriculteurs se sont le plus souvent spécialisés et endettés en perdant le contact avec les clients finaux et la consommation intérieure et en délégant la commercialisation et la mercatique de leurs produits aux sociétés de transformation. Ce constat simple ne doit pas faire oublier le désespoir du plus grand nombre des exploitants, des travailleurs méritants qui n'ont pour tout espoir que de survivre et finir de payer leurs dettes avant la retraite. Il faut bien entendu tenir compte d'une forte disparité géographique et exclure les céréaliers de cette photographie. Quant aux viticulteurs, l'entrée idyllique d'investisseurs vinophiles dans leurs propriétés est de nature à augmenter le nombre de salariés dans cette catégorie d'exploitants et réduire les effectifs des véritables entrepreneurs.

L'agriculture participe au choix de société

Si l'on prends garde de ne pas s'arcbouter sur notre histoire, on peut évoquer d'éventuelles issues pour trouver une juste rémunération aux agriculteurs sans les rendre dépendants de la prébende étatique ou européenne. La redécouverte des circuits courts est une option de rééquilibrage. Mais ce développement ne peut se faire que sur une fiscalité "verte" incitatrice et une éthique durable partagée, difficiles à imaginer dans notre contexte économique et européen. On en est même très loin. Il ne reste donc aux agriculteurs qui espèrent pouvoir vivre de leur travail qu'à se frotter aux industriels de "l'agro-bizness" et à la concurrence mondiale. Et évidemment ils ne sont pas de taille, malgré leurs organisations corporatives et la manifestation régulière de leur dépit nostalgique. Plutôt que de les voir se battre sans espoir, pourquoi ne pas repenser le métier de l'agriculteur généraliste et la gestion de son patrimoine territorial en recréant un lien de proximité. L'association Terre de liens initie et contribue à la création de sociétés civiles, propriétaires des terres agricoles qu'elles remettent en gestion à des exploitants individuels ou coopératifs. C'est une bonne idée de dissociation juridique de la terre et de l'exploitation économique qui heurte malheureusement les mentalités profondément individualistes des agriculteurs. Leur préconiser un détachement anti-culturel serait suicidaire. Mais qui ne dit que la terre agricole va subir la même pression capitalistique et spéculative des terres viticoles de réputation. Et ne gagent-ils pas en permanence leur outil de travail territorial auprès des banques pour pouvoir investir? Alors que les nouvelles régions sont en recherche de légitimité économique, n'est ce pas une activité de pilotage qu'il leur incombe avec l'aide de la société civile responsable? Préserver l'indépendance alimentaire d'une région et ses circuits courts tout en protégeant l'environnement est une tâche dont il faut se saisir, pour le bien des territoires et des exploitants agricoles. Il n'y a pas de recours possible, les solutions transnationales ou étatiques sont absentes ou alors aliénantes, car elles mettraient quasiment sous tutelle tout un pan de l'économie. Les décisions hors sol et globales ne permettent que d'alimenter la machine bureaucratique et "zombifier" les hommes d'action. Quelle autre solution simple est proposée aujourd'hui sans faire appel à la solidarité nationale?

Sampeigne Marine

Marine: l'anti-Sapin qui propose clair et simple!

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