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Publié par AVP

Les plus jeunes et les moins avertis ne peuvent que rester sceptiques

Les plus jeunes et les moins avertis ne peuvent que rester sceptiques

Qu'on ne se méprenne pas, l'exposition du rambuvetais Patrick Boulay n'avait rien d'excessivement arrosé au centre culturel d'Epinal ce lundi. L'allusion au spiritueux -maintenant passé de mode avec le slogan qui en a fait le succés publicitaire- n'a rien de sérieuse, alors même que c'était un peu facile sinon gratuit. A l'image du peintre auto-proclamé. Second clin d'œil facile puisque Patrick Boulay a énormément peint d'automobiles anciennes en fresque ou sur ses tableaux, sur un mode sériel très reconnaissable, l'amenant à exposer en Belgique, au Luxembourg ou en Allemagne.

Patrick Boulay devant ses triptyques

Patrick Boulay devant ses triptyques

"Ce que je peins c'est pour moi. La critique je m'en tape!"

L'avantage de fréquenter un tel artiste c'est que le discours est direct, provocateur, tout en étant cordial. Peintre non académique depuis l'âge de 9 ans, libre penseur et ancien ingénieur process dans la papeterie, Mister Boulay a décidé après quelques problèmes de santé que la dérision, la bière allemande et le burlesque de ses tableaux seraient son credo quotidien. Raymonde qui a fait le déplacement de Rambervillier, mais aussi Eliane peintre amateur, et Michèle en provenance d'Autrey sont d'accord pour trouver à l'artiste ingénuité et charme, garantie d'une amitié fidèle.

C'est que la faucheuse ne l'a toujours pas écorné au bout de 7 accidents de moto et 4 infarctus. " Je m'estime bienheureux, il y a toujours pire que soi". Il y a bien le diabète qui l'a un peu affecté, l'obligeant à ne plus boire que de la bière traditionnelle allemande, sans ajout de blé ou de sucre. Bel alibi pour faciliter un choix des plus agréables.

La prochaine fois, laissez les clefs de la porte d'entrée!

La prochaine fois, laissez les clefs de la porte d'entrée!

"J'aime les gueules"

" C'est ma première exposition à Epinal, et il y a étonnamment qu'une trentaine de personnes de venues. C'est burlesque, si on était parvenu à ouvrir la porte coulissante d'entrée, on aurait peut être pu avoir plus de visiteurs? Je vous assure qu'à Rambervilliers je suis reconnu" poursuit il toujours rigolard et boute en train. "J'ai été longtemps le peintre officiel de l'élection Miss tête de veau et j'ai réalisé une peinture de 21 mètres par 2m50 pour un décor de FR3. Cela marque les esprits". Poursuivant sur sa lancée il affirme que " comme Pieter Brueghel, j'aime les tronches et les gueules. Les autodidactes et les peintres non académiques. Du brut et de l'authentique". Et effectivement, le joyeux drille a un beau et bon coup de patte ( et de coude aussi) qui permet d'identifier son style original et généreux. Ses cadres rétro-auto racontent tous une histoire du passé des villages et des automobiles, qu'elles soient utilitaires, personnelles ou de course. Avec chaque fois des finesses décalées à la Albert Dubout. Toujours un animal de représenté ( parfois écrasé par un véhicule), des couples poussifs et évocateurs ( à la limite du pathétique), des événements de l'actualité mis en images dans un contexte original.

"Laisse donc Eliane, prends le temps que je t'explique"

"Laisse donc Eliane, prends le temps que je t'explique"

Naif ou brut, là est la question

Pour les visiteurs, toute la question consiste à positionner ce style figuratif puissant et frais comme une gorgée de bière. "Tous mes triptyques ont un sens et des repères historiques, sans tomber dans la philosophie. J'en ai réalisé 90. Pour un millier de toiles au total dans ma carrière" précise le créateur expressif et chaleureux. Pour Altair, Adélaide et Marie qui viennent d'achever leurs épreuves du bac, cette exposition est intrigante. " C'est du brut, du kitch ou de l'autodérision vosgienne assumée? " s'inquiète Adélaide. Avec l'aide d'un amateur compatissant et de ses deux amis elle est parvenu à décrypter le sens caché des toiles les plus expressives. "Wouhahou! Il fallait savoir! C'est pire que le Da Vinci code". " Pas du tout" confie un habitué de la dérision locale "Il faut juste chausser des lunettes taille 42". Un "private joke" supplémentaire ne fait pas de mal.

A.V.P.

Bucoliques ou burlesques, chaque tableau est évocateur

Bucoliques ou burlesques, chaque tableau est évocateur

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