Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par AVP

Cogitus: une vingtaine de participants autour de Christophe Petit chez Aldo

Cogitus: une vingtaine de participants autour de Christophe Petit chez Aldo

En écho à l'actualité récente, COGITUS ( cercle de réflexion citoyen animé par Christophe Petit) avait organisé sa réunion mensuelle sur le thème du référendum de sortie de la Grande-Bretagne et de ses conséquences pour les pays européens. L'occasion de confronter la diversité d'opinions juridiques et économiques avec l'apport de connaisseurs du dossier tels que Gunther Schumacher ( professeur d'économie politique à l'ICN Business School) ou Océane Parmallane de retour de Grande -Bretagne ou elle avait soutenu pendant 6 mois la campagne des jeunes européens du "Remain" ( Rester) à Brighton.

Une période d'incertitudes...

Avec 500 000 français résidents à Londres, le dernier référendum de nos voisins a jeté un froid en France. "Ils n'y croyaient pas et nous non plus. Cette consultation avait un objectif politique pour Cameron et ça lui a sauté à la figure" commente Christophe Petit qui reconnait que Cameron a "respecté son engagement de démissionner. Mais il joue quand même la montre en reportant son départ à la fin d'année". L'absence de leader chez le parti europhobe UKIP après le départ de Nigel Farage et de véritable programme réfléchi de désengagement, alimente l'incertitude de la population britannique et des entreprises qui ont des relations économiques avec l'Europe. "Il va falloir gérer maintenant le cas de l'Ecosse et de l'Irlande" précise Océane " L'Ecosse est en droit de remettre sur la table son dernier référendum qui prévoyait son maintien dans la Grande-Bretagne sous réserve qu'elle reste au sein de l'Union. Pour certains juristes, son identité culturelle spécifique doit lui permettre d'adhérer directement à l'Union Européenne " atteste la jeune juriste en droit public de la construction européenne.

...La certitude d'une impuissance générale

"C'est le résultat de la politique politicienne. Les politiques se sont défaussés sur l'Europe de leurs responsabilités et de leur devoir d'informer, de leur obligation de la représenter. Plus de 50% des élus qui font carrière au Parlement européen ne sont pas des européens convaincus, ils y pantouflent pour la gamelle. Lors de la campagne référendaire les politiciens populistes ont fantasmé le rôle de l'Europe dans l'immigration, les délocalisations économiques et les problèmes internes de la Grande-Bretagne. Alors que ce pays était le seul à avoir un régime dérogatoire en termes de contribution non proportionnelle, sans Schengen ou monnaie européenne. Il est affligeant de constater que les jeunes ne se sont pas mobilisés pour le Remain, mais aussi que 65% des électeurs de plus de 60 ans ont voté Brexit" précise Gunther Schumacher ."Il faut que les politiques balayent devant leur porte. Et prendre garde de ne pas se laisser submerger par des émotions de revanche en claquant la porte au nez des anglais. Rien n'est définitif". "Il faut se souvenir que la population anglaise représente 12% de la population européenne mais ne contribuait qu'à hauteur de 10% de son financement" précise avec critique l'animateur. " C'est une chance pour l'Europe" complète une avocate spinalienne " Une expérience qui va lui permettre d'intégrer qu'un élargissement trop rapide et mal fait, des réglementations incompréhensibles ou excessives, une technocratie hors sol, vont à l'encontre de ses intérêts de long terme. Les pays sont dans l'attente de clarifications. Réfléchir l'Europe est indispensable". "Inertie et technocratie semblent caractériser l'Europe" s'interroge Isabelle "n'est ce pas le moment de se recentrer sur les 6 pays fondateurs? Et se fédérer beaucoup plus? D'achever la dynamique européenne?". L'assemblée étant majoritairement fédéraliste, personne ne lui donne tort.

N'est ce pas faire de la politique en fonction des émotions et des sondages

"Refaire un nouveau traité et un référendum pour le valider, c'est certainement une solution valable, défendue par des politiques français de premier plan" complète Christophe Petit. "Attention, le référendum c'est de la démagogie politicienne. Cela sert à désigner des responsables. Il faut réserver cette consultation à des questions simples, des problèmes de court terme ou urgents. Le système démocratique est une construction "longue" au sens du philosophe de l'école critique Rosa Hartmund. La construction européenne demande du temps. Il ne faut donc pas céder au catastrophisme" tient à préciser Gunther. Prochaine réunion à la rentrée avec pour invité Jean-francois Husson, Sénateur de Meurthe et Moselle, sur le sujet du revenu de base universel et son expérimentation en Finlande.

A.V.P.

Une vingtaine de participants autour de Christophe Petit

Gunther et Oceane deux témoignages de la construction européenne

Gunther et Oceane deux témoignages de la construction européenne

Commenter cet article