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Publié par AVP

Christophe Petit, Charles de Courson et Jocelyne Allane-Voilquin Présidente de l'UDI des Vosges

Christophe Petit, Charles de Courson et Jocelyne Allane-Voilquin Présidente de l'UDI des Vosges

Première partie

Député de la Marne depuis 24 ans, maire d'une petite commune rurale, ancien magistrat à la Cour des Comptes, Charles de Courson était à Epinal jeudi 6 octobre sur invitation de la Présidente de l'UDI Jocelyne Allane-Voilquin afin d'animer et illustrer un débat sur l'honnêteté en politique. Un exposé pragmatique, à base d'anecdotes croustillantes qui se voulait objectif et projectif pour ce parlementaire qui a présidé la commission d'enquête sur le scandale Cahuzac. Distingué par le Prix de l'Ethique 2012 d'Anticor pour son action à l'Assemblée Nationale sur la transparence des indemnités de frais de mandat des députés, plus que la recherche d'une mise en avant de sa personne, ce sont les idées progressistes du député ancrées sur le transparence et le dévouement à l'intérêt général qui sont à retenir pour leur exemplarité.

"HOVNI" politique

Malgré l'absence de communication à destination du grand public pour la réunion organisée à Epinal et le départ prématuré de Christophe Petit adjoint au maire d'Epinal, l'assistance d'une centaine de personnes a pu constater ce qu'était un HOVNI en politique ( HOmme Vigilant Non Identifiable). Car il faut reconnaitre à Charles de Courson, outre son indépendance et sa modestie, sa profonde singularité vraisemblablement héritée de ses parents investis en politique ou de ses grands parents morts en déportation, et surtout sa capacité de voir à long terme. L'incorruptible trésorier du parti du Nouveau Centre, porte en effet un regard posé et serein - du fait de son expérience de parlementaire- sur la vie politique et ses scandales transpartis. Avec une absence d' exaltation appropriée, vraisemblablement pour éviter d'être taxé de nouveau Jérôme Savonarole. Citant à l'auditoire le principe moral établit par Montesquieu du fondement de la vie politique en démocratie, la vertu (au sens grec du terme l'amour des lois et de la patrie qui mène à défendre l'intérêt général et l'égalité) il ne cache pas son constat d'un risque d'effondrement du système parlementaire actuel: "il y a 4 à 5% de fripouilles dans notre métier. A chaque fois ce n'est pas la classe politique qui fait le ménage, c'est la Justice".

Un député d'expérience, accessible, au "parlé" clair et rigoureux

Un député d'expérience, accessible, au "parlé" clair et rigoureux

Le constat de défiance de la population repose sur des attitudes critiquables

Au vu des sondages qui révèlent une défiance grandissante de la population vis à vis de la classe politique, la réaction parlementaire est timide, les élus ne saisissant pas "l'urgence d'écouter le peuple" suivant une personne du public. Combattant les dérives parlementaires "qui trouvent dans l'obscurité les raisons de leurs renouvellement" Charles de Courson milite sans répit, en vue de créer un courant d'opinion, pour une république exemplaire. L'honnêteté matérielle et intellectuelle de chaque élu doit être garantie à ses électeurs, et pas seulement en apparence: "cela faisait un moment que l'on savait que le beau Jérôme - comme on appelait Cahuzac en Commission des Finances- bricolait de son coté". Et s'il y a eu une réaction tardive c'est "que les politiques ne voulaient pas y croire". Pris pour cible par Francois Rebsammen ( Président du groupe Socialiste au Sénat) et Alain Moscovici ( Ministre des Finances) en 2013 car il avait affirmé détenir les preuves de la compromission de la Présidence dans l'affaire Cahuzac largement avant la démission de l'ancien ministre, il rétorquait à l'époque sans esprit de polémique: " Je ne suis pas de ceux qui, avec leurs propres amis politiques, sont complices. Vous n'avez qu'à regarder ma position et mon vote dans l'affaire Tapie".

Le Monde des Bisounours ce n'est pas au Nouveau Centre

Le Monde des Bisounours ce n'est pas au Nouveau Centre

"Je suis tout sauf un Bisounours"

C'est ainsi que le député du nouveau Centre a rassuré avec politesse l'un de ses interlocuteurs qui s'étonnait de sa confiance en l'avenir, de la capacité du parlement à se réformer et des individus à évoluer: "Vous croyez au Père Noél" l'avait-il interpellé. Le politicien est en effet convaincu que les dernières réformes, sur le cumul des mandats ou le patrimoine des ministres "vont dans le bon sens, même si c'est une progression timide. En vérité on est encore loin de la transparence souhaitable pour lutter contre le désamour de la population à l'égard de leurs élus". "On ne veut pas, par exemple, de débat sur le patrimoine des parlementaires. La procédure mise en place est ridicule: on n'a pas le droit de prendre de copie ni de diffuser ce que l'on peut aller voir en Préfecture du département ou l'on habite, sur le patrimoine de ses élus ". Au risque de paraitre intransigeant, il complète " l'absence d'honnêteté intellectuelle des parlementaires est un drame depuis 30 ans dans la société française. Emploi du conjoint ou de ses proches comme collaborateur, indemnités de représentation non contrôlées et non justifiées, déclarations patrimoniales occultées ou minorées, absentéisme récurrent des parlementaires, affairisme, cumul entre un emploi privé et un mandat public. Ce n'est pas acceptable. Une modification de la Loi organique et une institution éthique propre aux élus permettrait de rétablir l'honnêteté intellectuelle indispensable".

Charles de Courson: le moine-soldat de la probité parlementaire

Ses propositions: un véritable électrochoc

"Il n'y a pas de volonté politique pour clarifier la situation, sinon au coup par coup. Il faut avoir le courage de dire la vérité et refuser le mensonge en politique. Même si mes amendements et ceux de l'Union des Indépendants ( UDI) pour la transparence de la vie politique sont rejetés à droite comme à gauche, car les élus sont tous fondamentalement des conservateurs, avec le temps et de la détermination, on parviendra à faire évoluer les comportements et la Loi ". Sur le sujet des indemnités de représentation parlementaires ( 5000 euros mensuels non imposables en supplément du salaire net de député qui s'élève à la même somme) le parlementaire bénéficie d'une dérogation du droit commun. Il n'est pas tenu d'en justifier l'usage professionnel alors qu'il est fiscalement exonéré. "A ceux de mes collègues qui ne veulent rien savoir, j'ai dis et répété que la classe politique finira par avoir un scandale à l'anglaise. Voir 100 députés quitter l'hémicycle faute d'avoir réduit leurs privilèges, voilà ce qui attends les français" . La solution selon le député de la Marne consiste à pratiquer transparence et équité, en débattant publiquement, puis légiférer de façon complète. "Il faut pouvoir sanctionner -de peines d'inégibilité significatives jusqu'à la révocation- un élu en infraction. Thévenoud, le créateur de la "phobie administrative" continue de siéger en tant que député de Saône et Loire à l'assemblée, alors qu'il n'a pas acquitté ses obligations fiscales pendant des années. Quel exemple donnent les parlementaires dans ces condition? Sinon de couvrir l'un des leurs!". Imposer la présentation d'un certificat fiscal attestant qu'un candidat est à jour de ses obligations avant élection, c'est si simple. " Pour préserver l'indépendance des élus et l'équité d'accès à la fonction des parlementaires il est aussi nécessaire d'avoir une égalité dans le traitement entre les députés issus du public ( mis en disponibilité) et du privé ( qui perdent leur emploi)". Pour cela "il faut une absence de cumul entre postes et charges des parlementaires et donc démissionner de son poste dans l'administration". Conscient du " risque d'appauvrir la représentation nationale" il rétorque qu'il faut "être un peu plus dur en morale et la politique n'en ira que mieux".

A.V.P.

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AVP 09/02/2017 15:28

Désolé de ne pouvoir vous répondre sur l'affaire Tapie ( cf le Canard). on se cantonne aux informations locales sur ce blog. Même si dans le cas du passage de Charles de Courson à Epinal, il a été prophète en sa demeure.... Tout de ce qu'il condamnait a été révélé dans la presse opportunément... Juste avant les élections. Il ne manque plus que les textes de loi adaptés ( avec un véritable bureau disciplinaire à l'allemande pour les parlementaires et l'inéligibilité pour les fraudeurs) et on aura enfin des hommes politiques transparents et intègres. A ce moment là, la France pourra se réformer pour la satisfaction de son indépendance et au grand bien de nos enfants.

Guyomarch pierre 09/02/2017 15:13

La probité doit être un gros mot en politique, j'aimerais avoir des nouvelles de l'affaire Tapie don on n'entend plus parler merci de bien vouloir m'informer par mail
Cordialement de la part d'un centriste à jour de ses cotisations