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Publié par AVP

120 "DELACOTE" au garage

Fabian DELACOTE, un artiste frais et épanoui

Le mécénat existe vraiment à Epinal, même s'il ne cherche pas à tirer la couverture à lui. Fabian DELACOTE, artiste spinalien bien connu, peut en attester pour sa dernière rétrospective artistique. Se déclarant lui même incapable d'une activité promotionnelle construite et durable, et revendiquant sa nature exclusive de peintre, il a été soutenu par Pascal Remy, Richard Bourdenet et Laurent Bailly qui se sont chargés d'organiser sa dernière exposition au 21 avenue Victor Hugo, dans un garage désaffecté. Les trois entrepreneurs ne sont pas des inconnus, puisqu'il s'agit de voisins et appuis de longue date de l'artiste hébergé dans les sous sols du bâtiment du 46 rue de la Moselle à Golbey.

120 "DELACOTE" au garage

Après le garage-rock, le garage-expo.

Rue Victor Hugo, une fois passé la porte délabrée du bâtiment qui est affiché à la vente depuis des années, on pénètre dans un cadre  industriel du XIXème siècle, haut de plafond et éclairé chichement, sol en béton, murs lépreux. Des luminaires improbables en surcycling, des roues de vélos et tuyaux pendus aux structures métalliques avec d'anecdotiques ampoules  obligent à adapter sa vue, ou venir en journée. L'entrée est modestement animée par un stand  en tréteaux qui héberge une pile de livres de l'artiste, quelques illustrations et photos de ses peintures, des billets de tombola. Des projecteurs de chantier et des palettes sont positionnés au sol, de vieilles voitures couvertes de poussière supportent les cadres et toiles variés, les bureaux sont remplis de matériel divers et de peintures non exposées, au fond un grand portique élévateur jaune est annexé par une toile monumentale de l'artiste. Avec la fraicheur ambiante et un éclairage limité en puissance, on est vite mis dans une ambiance mixte, post-apocalyptique et néo-industrielle. S'il n'y avait  plus d'une centaine de cadres de toutes taille aux couleurs accrocheuses et coups de pinceaux rageurs, accrochés et exposés en ronde, l'atmosphère aurait pu sembler lourde. Pas de chichi, du brut et de l'authenticité, tout pour l'art, de quoi faire fuir les moins convaincus.  Ce qui n'a pas empêché 150 personnes de venir dans ce cadre original pour assister au vernissage de mercredi dernier.

120 "DELACOTE" au garage120 "DELACOTE" au garage120 "DELACOTE" au garage

Un espace exceptionnel pour une rétrospective complète

"Ce volume est exceptionnel. Il permets toutes les folies esthétiques. Quel dommage que ce  ne soit pas son espace de travail, ce serait trop underground!" Le public était ravi, l'artiste et ses "mécènes-organisateurs-hommes à tout faire" tout autant. Le vin chaud, la tombola et la courtoisie afférée de l'exposant réchauffaient l'atmosphère. Sollicité en continu, se déplaçant sans cesse entre les amateurs qui ont besoin de son avis sur leurs choix, ou les initiés  qui tentent d'en voir plus, de toucher l'artiste ou l'ami, Fabian est insaisissable pour le commun des mortels. "Originaire de Senonnes, c'est un vosgien, simple, généreux et prolifique pour ne pas dire laborieux" précise  Jacques, un spinalien quadragénaire  qui suit l'artiste depuis des années. " Fabian a d'abord entrainé son public  il y a deux ans dans un univers très rude, fait de contrastes de noirs et blancs, pratiquement électrique. C'était choquant  car pas du tout en phase avec sa nature humaine empathique et généreuse. Il a aussi abordé les postures du corps, d'adolescents et de jeunes principalement, en clichés partiels, sous un grand format sériel et fond blanc. Très intrigant mais certainement en phase avec son activité d'enseignant. Maintenant son trait s'est affiné, assoupli sur les thèmes, tout en restant dynamique, insistant et fort. Ses derniers tableaux sont principalement des portraits qui s'humanisent, même s'ils nous renvoient toujours cette image d'insatisfaction et d'éloignement qui accroche le regard".  

120 "DELACOTE" au garage
120 "DELACOTE" au garage
120 "DELACOTE" au garage
120 "DELACOTE" au garage

Obligé de vider son atelier

"Mes mécènes m'ont dit: tu ne t'occupes de rien on fait le reste. Je les ai pris au mot. Ils m'ont trouvé ce lieu, prêté par un industriel de la région. C'est à priori difficile à habiter et faire vivre, j'ai mis pratiquement une semaine à structurer l'espace avec des palettes. Dans l'idée je souhaitai reproduire un cheminement pour la lecture de mes toiles en rapport avec mes évolutions, utiliser toutes les hauteurs et dimensions, obliger à lever la tête".  Enthousiaste et agréable,  l'artiste précise "C'est sympa, ca se rapproche vraiment d'un atelier. Visiter l'intérieur d'un atelier d'artiste c'est ce qui m'a fait basculer dans les arts et la peinture lorsque j'étais gamin. L'aspect brut des murs ou palettes ne nuit pas à la sensation de cocon issue de la multitude de tableaux exposés. Plusieurs de mes élèves sont passés me voir à la sortie de leurs cours, puisque je suis à 500 mètres du collège ou j'enseigne. J'ai pu leur montrer mon travail, l'organisation de l'exposition, comme un complément de cours!  Même si on a peu de puissance électrique pour chauffer, éclairer ou mettre de la musique, c'est un défi de vider mon atelier de 100 m2 et recréer son intimité ".

Une scénographie insolite. Qui a dit aux accents psychédéliques?
Une scénographie insolite. Qui a dit aux accents psychédéliques?
Une scénographie insolite. Qui a dit aux accents psychédéliques?
Une scénographie insolite. Qui a dit aux accents psychédéliques?

Une scénographie insolite. Qui a dit aux accents psychédéliques?

Une expérience qui déménage

"Tout sortir, cela m'a permis de revoir des toiles que j'aimais beaucoup et que je n'avais plus sous les yeux. Cela les remets en cohérence et perspective avec mes recherches et choix. Le public est très réceptif à cette scénographie, c'est une grande satisfaction".

21 rue Victor Hugo - Galerie éphémère ouverte jusqu'au 28 décembre, les samedis et dimanches de 10 heures à 20 heures, du mardi au vendredi de 17h à 19h

A.V.P.

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