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Publié par AVP

Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "

Une porte de chaudière de 300 kilos pour supporter des oxymores saisissants

Avec sa dernière exposition "Dies Irae" le peintre et plasticien spinalien est de retour à la galerie du Bailli , son repaire régulier et singulier dans lequel il a disposé meubles de créations et recyclés, de l'art pauvre ( ou surcycling combinatoire) et une trentaine d'œuvres abstraites. Une exposition qui constitue sa "pause imposée" un ressourcement obligé, après 5 années de travaux dans son atelier à la lisière des bois, rue du Champ de tir.

 

 

Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "
Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "

L'artiste professionnel Olivier Bosio, accompagne ses visiteurs et donne sa vision poétique des choses

" J'ai besoin d'exposer, de prendre des engagements d'évènements, de me confronter aux échéances et aux visiteurs pour produire. Une forme de pression avec moi même. J'ai peint comme un fou pour réaliser 15 nouvelles toiles abstraites qui sont maintenant exposées pour "Dies Irae". En même temps j'ai achevé mes travaux de remise en état ce mois ci. Je suis sur les rotules, épuisé, et c'est bien, car cela donne un coté primal aux créations. Donner du beau à voir, c'est un devoir. C'est pratiquement une pause pour moi maintenant. .. Heureusement qu'on n'a pas qu'une vie".

 

 

Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "

Une exposition qui alternait meubles et tableaux

Une renaissance, un retour à la vie

"J'ai conscience de mon passé, je suis reparti de zéro. J'avais tout perdu. Cette exposition est un retour à la vie". Après 14 ans de création et de chemins engagés, et depuis l'âge de 33 ans, l'autodidacte multimodal revendiqué continue de prendre et transformer tous les supports sans exclusive, une forme de "pratique de l'universalisme" suivant son témoignage. Dès l'entrée dans la galerie une impressionnante porte de chaudière du XIXème brulée, rouillée, décatie puis redressée devient un mur d'oxymores saisissants peints de blanc.  Antédiluvienne, imposante  et fragile par son graphisme à la fois, elle fait plus qu'interpeller. "J'ai arrêté de la décaper lorsque j'ai mesuré les contrastes de couleurs écaillées avec la rouille" précise le dynamique artiste. Un effet splendide pour qui n'est pas rebuté par le style factory. " J'ai un milliard de choses à faire et à mettre en œuvre. Pour les meubles que je crée: je mets de mon âme sur ce qui en possède".

 

 

Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "

Quand le texte n'est pas ce qu'il parait... La lecture est un acte militant  pour un quêteur de matière

Jour de colère

Amateur de paradoxes et prompt à l'indignation,  olivier reconnait avoir besoin de solitude "du fait de la fragilité de mes convictions. Mon atelier de serrurerie-menuiserie-peinture cela reste intime... Mais je veux bien partager". Se revendiquant en lutte contre la télévision partie prenante de la "fabrique du consentement" mais surtout l'indécence des politiques " qui se servent de l'énergie des autres pour avoir l'impression de vivre" il affirme avoir une "extrême conscience de la misère du monde" tout en ne souhaitant  "pas s'en prendre à l'autre ni prendre à l'autre". Devant l'une de ses créations, une grande toile abstraite aux taches oranges contrasté de couleurs décadentes, quasi "klimtesques", mais composée de pétrole, bitume, huile,  il déclare à bâtons rompus "Je crois en mes rêves et je les mets en œuvre. L'abstrait est un chemin de liberté ". Une énergie impressionnante se dégage de cette œuvre, comme du meuble en métal de postier ou de typographe placé plus loin, une ode à la résilience de son re-créateur qui pourtant se révèle une bibliothèque étriquée. De quoi remettre en perspective une autre remarque du peintre poète:" Nos privations sont plaisir car elles participent de la construction de l'ensemble". Dissocier la création, de l'acte d'origine et du verbe ôte de la richesse à une telle visite. Unique constructeur de son mythe artistique, Bosio le sait et passe du temps avec ses visiteurs, créant une ambiance complémentaire par le sens d'une réalité poétique surprenante ou par l'affichage de l'inconcevable ou de l'absurde. Chassant la froideur de l'abstrait par sa générosité toute italienne, c'est une attitude méritoire d' un talent d'orfèvre certain, qui va dans le sens de l'histoire, en faisant beaucoup avec peu.

A.V.P.

 

 

 

Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "
Olivier Bosio au Bailly: "S'imposer une pause "

C'est puissant non?

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