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Publié par A.V.P.

Rue des Petites Boucheries, une devanture simple et modeste

Rue des Petites Boucheries, une devanture simple et modeste

Nichée rue des petites boucheries, coté canal,  entre deux boutiques de prêt à porter, Fleurence gravure est la plus ancienne boutique d'Epinal "après  l'électroménager - électricien Marquis, qui est dans la même rue" précise la doyenne de la famille.  Pas question de se faire prendre en photo pour Daniéle Fleurence: " Je ne suis pas présentable en tenue de travail" objecte la fringante et coquette octogénaire. " C'est la relève qu'il faut venir voir. Ma deuxième fille Sophie,  de 33 ans d'âge, qui a quitté la banque pour tenter de reprendre l'entreprise,  par esprit de dévotion familiale" dit- elle avec un clin d'œil. "Elle  devrait être la quatrième génération à tenir boutique en tant que graveur. Mon frère Jean-Louis et moi même, alors que nous avons fait largement notre temps, nous allons devoir l'accompagner et la former pendant un moment encore avant qu'elle ne sache maitriser notre art, même si elle a déjà fait des études poussées de graphisme".  Il ne s'agit pas, pour une fois, de tourner une page glorieuse du commerce spinalien, qui malgré la concurrence des nouvelles technologies se maintien encore, mais de distinguer une reprise d'activité méritoire, par les plus jeunes.

La dernière graveuse d'art de LorraineLa dernière graveuse d'art de LorraineLa dernière graveuse d'art de Lorraine

Le plus ancien commerce d'Epinal

Façade blanche et plafond bas, la vitrine  de la boutique de gravures est d'une décoration sobre avec ses tampons et ses plaques  professionnelles. " C'est pour  laisser passer un maximum de lumière, puisqu'à l'intérieur c'est plus un atelier à l'ancienne avec ses machines, ses ordinateurs et ses postes d'horlogers qu'un  véritable commerce". "Si l'on peut dire que nous sommes les derniers  de notre métier d'art, c'est que  je grave encore les alliances à main levée pour les principaux bijoutiers de l'est de la France. Pour les chevalières et sceaux j'ai arrêté, c'est énormément de travail, et je fatigue bien plus vite qu'avant" témoigne Danièle. "J'ai commencé à 15 ans avec mon père et mon grand-père. J'avais envie d'apprendre et de reprendre l'activité familiale, à la fois technique et artistique. Cela a été effectif en 1986". "Mon aïeul, Louis est arrivé seul à Epinal, à 18 ans, en 1908 et en provenance de Mulhouse, ne sachant parler que son patois alsacien. A l'époque il fuyait les prussiens qui voulaient l'incorporer. Il a été formé à la gravure d'art chez Thomas au pont du canal, puis il a pris boutique rue Aubert. En 1940 il a été sinistré par les combats du Boudiou et il a rapatrié son commerce dans une location au 16 de la rue des Etats-Unis, ou nous sommes restés jusqu'à la disparition des cinés Palace pour laisser la place à la Souris verte. Louis, disparu en 1966, c'est son fils Paul, mon père, qui a pris la relève. Patron de la corporation des orfèvres, il avait l'honneur de porter la statue de Saint Eloi. Quand il a cessé son activité en 1986, nous, ses trois enfants Jean-Louis, Marie-José et Danièle, nous étions formés et capables de reprendre  la boutique. A ce jour je cesse au bout de 55 ans de présence dans l'entreprise familiale de gravure. Si je devais avoir une médaille du travail, elle serait en platine!"

Les photos de famille des graveurs Fleurence: le grand-père Louis et Paul de la corporation de Saint EloiLes photos de famille des graveurs Fleurence: le grand-père Louis et Paul de la corporation de Saint Eloi

Les photos de famille des graveurs Fleurence: le grand-père Louis et Paul de la corporation de Saint Eloi

Une lignée de graveurs d'arts qui se perpétue

"Le commerce c'est beaucoup de temps de présence, du dynamisme, un esprit positif et de la discrétion" confirme une habituée des lieux. " J'ai toujours trouvé cela chez les Fleurence et leur ai conservé ma clientèle. J'espère que la jeunette de la famille saura se montrer digne de ses parents" confie t elle. Danièle en souriant n'infirme pas: "Sophie après une bonne formation saura faire le nécessaire pour changer les choses et trouver de nouveaux débouchés. Elle a plein d'idées nouvelles. Et c'est nécessaire car les temps sont durs. Nous faisons de moins en moins de cartes de visite, la sérigraphie et le numérique remplacent beaucoup de nos travaux. Ce ne sera pas simple pour elle et il faudra l'aider".

A.V.P.

La dernière graveuse d'art de LorraineLa dernière graveuse d'art de Lorraine
La dernière graveuse d'art de LorraineLa dernière graveuse d'art de Lorraine
La taille sur cuivre rouge La taille sur cuivre rouge

La taille sur cuivre rouge

Sceaux et chevalières font partie du passé maintenant

Sceaux et chevalières font partie du passé maintenant

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