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Publié par Civilian

 Nicolas Morvan en conférence avec EGD et Vosg'Innov.

Nicolas Morvan en conférence avec EGD et Vosg'Innov.

Quel point commun entre un facteur d'harmonium, un champion olympique, un fabricant de tambourins tibetains, une corsetière ou un brasseur? Le salon "Made in Vosges" qui se tenait au centre des congrès en fin de semaine dernière! Un "méli-mélo" sympathique et innovant d'entreprises, d'entrepreneurs et d'artisans dynamiques, de conférenciers et militants du mieux vivre et de la vie locale qui donne une âme aux choses. "Avec 35 exposants présents et une dizaine de conférences, nous avons apporté autre chose" précisait le gérant d'Eventail Productions, le thannois Nicolas Morvan, particulièrement satisfait de sa première manifestation dans les Vosges. Le salon s'adressant aux consom'acteurs, il était intéressant de ne pas rester béat de déférence et de faire jouer les ressorts critiques du public comme de relever les aspects positifs de ce premier évènement.

 

 

Victor Mangeol facteur d'harmonium de Neufchateau réparait une peroquette du XIXème siècle

Victor Mangeol facteur d'harmonium de Neufchateau réparait une peroquette du XIXème siècle

Une manifestation pour les territoires

" Les vosgiens ont répondu présents puisque nous avons eu 1000 entrées adultes sur 2 jours, ce qui est largement satisfaisant pour une première édition. Nos visiteurs et les exposants étaient satisfaits" nous a confirmé Nicolas Morvan. "Ils ont pu discuter en toute bienveillance avec de nombreux curieux. Cela fait 20 ans que je fais de l'évènementiel, et je dois reconnaitre que c'est la première fois que nous sommes si bien accueillis. De nombreux institutionnels et entreprises nous ont fait part de leur souhait de voir se renouveler une telle manifestation et d'en être partenaires". Avec la présence de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat, de la pépinière d'Epinal ou de l'UIMM et de son pôle de formation aux métiers de l'industrie, le public pouvait se poser la question s'il ne s'agissait pas d'institutionnaliser une démarche de valorisation des acteurs économiques locaux ou faciliter la récupération d'intervenants indépendants par les organisations représentatives. C'est l'interrogation qui nous a été livrée par plusieurs visiteurs en sortie. Le salon s'adressant aux consom'acteurs, il était naturel d'en faire jouer les ressorts avec réalisme.

 

Pour redonner leur âme aux choses

Un salon du "Made In Vosges" perfectible

Si le plus grand nombre des visiteurs est ressorti du salon avec le sourire et une réelle satisfaction, le coté disparate des guichets d'exposants a intrigué plus d'un badaud. Pour Bernard, la cinquantaine à la barbe bien fournie, le bilan n'est pas positif même s'il se défend d'être un militant nostalgique de la gloire économico-historique des Vosges."Je suis assez déçu. C'est du faux. Des bénévoles et des gens convaincus ont été abusés. Ils ont payé 2 euros persuadés qu'il s'agissait de mettre en avant des exemples entrepreneuriaux de société civile durable et responsable, ce qui n'était pas le cas. Concrètement j'ai l'impression que c'est devenu un bizness avec ce déballage de stands marchands, qui mettent en avant des articles touristiques hors de prix. Le panachage avec d'authentiques artisans donne un alibi éthique qui sent la mode à bobos et ultra-urbains. Je ne sais qui a organisé ce regroupement de souverainistes économiques de pacotille, mais la transition n'a rien à y gagner. On assiste à une perversion de véritables mouvements bénévoles et citoyens récupérés par des personnes qui recherchent un gain commercial. Ou avez vous vu qu'un fabriquant de literie ou de véranda a sa place dans un salon éthique? Certains exposants ne se cachaient même pas de vendre des articles made in Bengladesh, vaguement transformés par leurs soins. Il y en avait un qui venait de Franche comté. Et l' animation baptisée conférence avec Matthieu Péché avait peu d'intérêt, malgré ses mérites de sportif. Une conférence avec Pierre Rhabi, aurait été un bien meilleur vecteur de notoriété et d'authenticité."

 

Pour redonner leur âme aux choses

Un Made in France pas assez politique?

Pour Josiane venue en famille samedi après midi le débat est plus politique."Je suis venue pour le lanceur d'alerte vosgien, Antoine Deltour. Je connaissais déjà son parcours et les enjeux, je n'ai rien appris de plus. Mais je le soutien. J'ai discuté avec les gens de la FIMIF, les indépendants du Made in France.. Ils sont bien gentils, mais ils nous resservent de la salade sauce Montebourg, en moins politique et plus économique, pour nous faire oublier que le problème peut être réglé très simplement avec un engagement national sur le plan fiscal. Avec une taxe carbone qui intègre la distance entre le lieu d'origine des produits et la région de vente. Mais les politiques continuent de s'y refuser car ce serait du protectionnisme déguisé. Moi je dis: est ce que la pollution qui vient de Pologne ou de Chine elle s'arrête aux frontières? Non. Plus on consomme et plus on en subit les conséquence. Sans faire dans le trop militant, la décroissance ou au minimum la permaculture auraient dû être expliqués ou représentés dans les stands".

 

 

 

 

La création d'entreprise un enjeu quotidien

Jean-François Lecomte et Lorraine Kihl de la pépinière d'Epinal Golbey Développement en tant que conférenciers ont tenté de porter la bonne parole sur les problématiques entrepreneuriales, mais aussi les différentes formes de soutiens apportés par les collectivités territoriales ou les entrepreneurs entre eux. Pour Virginie dans l'assistance, puéricultrice qui s'interroge de son projet d'entreprise, c'est l'occasion d'avoir un contact avec des premiers conseils. "Je ne savais pas ce que c'était qu'EGD, la pépinière, et son activité d'accueil, de conseil et d'accompagnement. Créer mon activité indépendante alors que je suis fonctionnaire à ce jour, cela me taraude depuis un moment. Il faut que je sache si je prends mon envol, maintenant ou plus tard, ou si je joue la sécurité. Même si cela me tient à cœur, j'ai quatre enfants et je ne peux pas prendre de risques démesurés. Monsieur Lecomte est un entrepreneur averti, on est rassurée à son contact, il écoute avec bon sens et bienveillance et ne cherche pas à nous pousser. Je suis satisfaite d'être venue et de l'avoir rencontré!".

 

Pour redonner leur âme aux choses

Made in Vosges: une grande satisfaction de l'organisateur

"Au global nous avons apporté une autre idée de consommer, nous ne sommes pas des intransigeants, en recherche d'une lisibilité à tout prix. Les visiteurs sont restés une heure trente en moyenne, c'est synonyme qu'ils étaient bien, qu'ils ont beaucoup appris et découvert avec nous. Les bases sont posées cela va évoluer" se félicite Nicolas Morvan. Bien qu'un peu fatigué, l'ancien journaliste est partant pour renouveler l'expérience en 2018. " En 2017 nous avons lancé le Made in Alsace et cette année nous avons encore 6 salons. On prendra bientôt notre décision à la lumière de l'expérience accumulée sur l'enchainement de ces évènements".

 

Civilian pour A.V.P.

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