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Publié par A.V.P.

Une installation qui s'est achevée sous les yeux d'une cinquantaine de spectateurs

Une installation qui s'est achevée sous les yeux d'une cinquantaine de spectateurs

Eva et Cyril constituent le premier binôme d'artistes qui s'affiche sur le Mur d'Epinal avec un nom intriguant et fusionnel : EVAZESIR. Ce sont aussi les premiers qui sortent du cadre habituel de référence constitué par le traditionnel rectangle. En couple au travail comme à la ville, les artistes de rue du collectif lyonnais multicréatif " No Rules Corp" dépassent les limites et affichent leurs inclusions d'objets recyclés en bois panachées avec leurs productions au pochoir ou peints. A chacune de leurs productions urbaines, ils racontent une histoire de la vie, de la ville, de l'humanité et de ses vestiges matériels détournés. Une représentation en clin d'œil à Jacques Tati qui a été le premier à décrire la ville en noir et blanc, avec sa trépidante et superficielle activité, ses flux pittoresques, sa diversité et son immanence. Une vision du temps qu'ils ont délivré à Epinal qui mérite plus qu'une approche superficielle de l'image.

 

 

Les artistes fusionnels Eva et Cyril, avec Rémy de l'association "le Mur" pour la cinquième saison d'art des ruesLes artistes fusionnels Eva et Cyril, avec Rémy de l'association "le Mur" pour la cinquième saison d'art des rues

Les artistes fusionnels Eva et Cyril, avec Rémy de l'association "le Mur" pour la cinquième saison d'art des rues

Chaleur et humilité joyeuse

"Je suis une fille du sud, qui vient pour la première fois de ma vie dans les Vosges. Et il fait plutôt frais par chez vous" précise la chaleureuse Eva, surnommée Zé par ses parents, artistes eux aussi. "Enseignante en arts plastiques dans un collège de Saint Ouen dans les Hauts de Seine, je suis née à Marseille et j'ai passé mon enfance à Perpignan. Artiste d'atelier, c'est à Lyon que j'ai rencontré Cyril qui était street graffeur autodidacte. C'est aussi à Lyon que nous avons rencontré nos amis VJ ( Vidéos jockey) et DJ ( Disc jockey) de "No Rules Corps" avec qui nous créons évènements et regroupements réguliers. Il nous a fallu 5 ans de collaboration avec Cyril avant de trouver le bon couplage graphique et artistique entre nous deux et parvenir à fusionner nos envies et techniques. A Cyril, la partie technique de l'installation et de sa conception matérielle en bois, colorisation et les pochoirs. A ma charge, la conception dessinée, peinte, réhaussée, plus en 2D. "

 

Premier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'EpinalPremier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'Epinal

Pourquoi des pigeons?

"Le thème donné pour le Mur d'Epinal était le temps. Celui qui fuit , qui sort, d'ou notre personnage et sa montre à gousset. Mais on évoque aussi dans notre composition les gens qui ne prennent pas le temps de profiter de leur foyer, de leurs proches, de la vie, par ces regards préoccupés, entourés d'huisseries en bois que nous avons été chercher au Sicovad de Chavelot il y a une semaine. Le bois c'est un matériau de mémoire, qui témoigne de l'histoire, des strates agrégées, qui font contraste entre la structure, le corps et les regards. Les regards étant le miroir de l'âme, ils sont des plus expressifs. A la différence des parisiens, frénétiques, qui se croisent et s'agitent, nous avons la volonté de vivre dans le temps. Comme les pigeons qui observent l'activité urbaine et citadine. Comme dans une posture de surplomb, sans fuite en avant."

 

Premier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'Epinal
Premier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'Epinal
Premier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'Epinal

Un style faussement inexpressif, sentimental et rétro

"Nous avons tous deux le goût de l'ancien, de la renaissance des rebuts de la ville" précise Cyril, berrichon d'origine. " Ces anciens meubles sont poncés et réutilisés, comme une seconde chance. Il y a un effet sériel d'agréger tous ces éléments rétro, une volonté d'être sentimental. C'est un nouvel assemblage de vies passées, sur lequel nous repeignons soit par des motifs aux couleurs plutôt passées soit par des couleurs vives au pochoir, avec des motifs orientaux, qui mettent du relief". "Ce mélange de figuratif et d'abstraction ( le rond noir et la grande bande bleue) c'est impressionnant" confie Tof blanc admiratif et venu en voisin de la carrière Collot ou il expose jusqu'à dimanche son installation de totems de casseroles. Pour Michèle et Monique, la soixantaine chacune, c'est la découverte d'un univers original. "Cela m'amuse" précise Michèle. "C'est mon premier vernissage du Mur " confie Monique " Michèle m'y a entrainée, et je ne regrette pas. C'est vraiment original et travaillé. Pas un seul endroit ou recoin qui n'évoque pas quelque chose. Un patchwork universaliste et provocateur de sens. Et les artistes sont très gentiment là, disponibles, pour mettre la dernière main à leur travail. C'est extrêmement vivant, varié et cordial. Je suis impressionnée. Je pense revenir avec mes petits enfants pour leur montrer". Ne doutons pas que la relève du quatrième artiste Jean-Baptiste Collin et de sa fresque intitulée les anti-système, connaitra un succès aussi important qui courra jusqu'à la prochaine échéance fixée en juin.

A.V.P.

 

 

 

Premier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'EpinalPremier affichage d'un duo sur "Le Mur" d'Epinal
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