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Publié par A.V.P.

Coexister: un film pas complexe et sans inhibitionsCoexister: un film pas complexe et sans inhibitions

Souriants, décontractés et toujours pince sans rire, Fabrice Eboué et Ramzy Bédia, tous les deux acteurs du film produit et réalisé par Fabrice, sont venus au devant de leur public à Epinal. Le distributeur Europacorp diffusait en avant-première pour les spinaliens la dernière comédie des deux humoristes en tournée de promotion dans l'Est et le Nord de la France. Une histoire centrée sur les expériences de Fabrice Eboué dans la musique mais aussi un clin d'oeil à Sister act ou au groupe des 3 prêtres qui était parvenu a être disque de diamant en 2010 au profit d'actions caritatives à Madagascar.

L'histoire

Un producteur un peu largué ( Fabrice Eboué), séparé de sa femme (Amelle Chahbi, épouse de Fabrice dans la réalité ) après une infidélité occasionelle, est mis sous pression par sa nouvelle patronne ( Mathilde Seigner ) qui vient d'arriver à la tête du grand groupe industriel familial multi-activités. A la recherche du groupe qui permettra de remplir l'Olympia, le producteur et son assistante ( Audrey Lamy ), mènent une véritable quête existentielle,  avant de parvenir à constituer le groupe de musique composé d'un prêtre sympathique (Guillaume de Tonquedec), d'un rabbin dépressif à la suite d'un accident de travail (Jonathan Cohen) et d'un faux imam, joué par Ramzy Bedia, plus prompt à jouer de la bouteille et des escorts girls que de sortir un tapis de prière. Malgré le risque de tomber dans les clichés ou le film à l'eau de rose, on se laisse gentiment embarquer par le scénario qui n'a pratiquement pas de temps morts et qui rebondi aimablement d'incidents en incidents avec ce Boys Band religieux de circonstance.

 

 

Coexister: un film pas complexe et sans inhibitions

Une critique des "produits marketing" musicaux

Avec une certaine distance mais aussi une ironie manifeste, Fabrice Eboué règle ses comptes dans l'ordre: à l'industrie du disque, aux industriels qui achètent des chanteurs comme des usines, aux rappeurs et homophobes ( dans le rôle de Pink Kalash ,l'inimitable JP Zadi ), aux "chanteurs" produits de consommation, à la "bienpenseance" et aux clichés traditionnels ( le passage pince sans rire du faux imam dans la cage d'escalier sent le vécu de banlieue ) ou sur le rapport avec la religion de milieux bien caractéristiques. Bien sûr la conversion à l'abstinence de l'assistante nymphomane du producteur est un peu téléphonée. Le "happy end" tient de la finesse d'une catapulte et on n'évite pas les blagues habituelles sur les différentes religions à la sauce contemporaine de Fabrice Eboué. Lequel n'a aucune inhibition à se faire plaisir en rigolant de tout et tous dans la veine de "Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu". Mais au final c'est un film agréable et distrayant, sans message politico-social lourdement omniprésent.

Fabrice Eboué cumule les casquettes de scénariste, réalisateur, producteur et acteur

Fabrice Eboué cumule les casquettes de scénariste, réalisateur, producteur et acteur

Un film plaisant ou de plaisantins ?

A ceux qui affirment que faire chanter le vivre ensemble et prôner les relations intercommunautaires est banal et complaisant, qu'il s'agit d'une romance sociale  et utopique sans relief, les humoristes  tiennent un discours simple et proportionné au grand public qu'ils visent. "On n'a pas minuté les blagues pour préserver un équilibre entre les confessions, c'est la trajectoire des individus qui est intéressante. C'est un film familial,  il n'y a rien de gratuit, bête et méchant" témoignait dimanche dernier Fabrice Eboué aux Cinés Palace. "On a montré le film partout, en province, en banlieue, à Paris. Tout le monde a ri, de 16 ans à 70 ans". "Les arabes et banlieusards aussi ont ri du film. Même des racistes devraient en rire tellement il y a de vannes" complète Ramzy. L'acteur de la "Tour Montparnasse" ou de "H" poursuit:  "J'ai été à l'aise du début à la fin de ce film, à l'aise dans mes basket. J'en suis vraiment content, même si c'était beaucoup de fatigue et de rigolade, de sandwich, de rigolade et de fatigue, de sandwich, de fatigue et rigolade. Je chante vraiment et je danse dans le film, on a tous pris 3 mois de cours. Pour les autres cela ne leur a pas servi à grand chose mais pour moi c'était utile. Tout s'est  effondré quand Fabrice m'a annoncé que je serai doublé. Mais sinon c'est vraiment moi qui chantait sur scène, Fabrice a peut être réussit à mettre en valeur mes talents de chanteur mais aussi mes qualités d'alcoolique".

Une aimable plaisanterie que ce film qui ne se prends pas au sérieux, et il serait de mauvais ton d'y trouver une quelconque provocation envers les religions de la part du scénariste et chroniqueur Fabrice Eboué, malgré les polémiques que lui ont attiré son film Case départ catalogué trop conciliant avec l'esclavage ou pour sa tirade "le féminisme ce n'est pas seulement des femmes autoritaires ou des mal-baisées, c'est aussi des lesbiennes" qui lui a valu un "Macho d'Argent" en 2009 par les Chiennes de garde.

Confirmant son goût pour l'autonomie et la maitrise des évènements, son prochain spectacle sera au théâtre, pour un nouveau seul en scène "en pratiquant le one man show on prends goût à l'omniscience. On n'est jamais mieux servis que par soi même, on fait tout, tout seul,  du début à la fin. Du collage d'affiche au balayage de la scène. C'est difficile de s'en passer longtemps."

Ramzy se prétait sans problème à tous les selfies de ses admirateurs

Ramzy se prétait sans problème à tous les selfies de ses admirateurs

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